« #foodporn : les mobiles du désir », colloque international, 13 et 14 décembre 2018, Paris

 

 

 

 

 

 

Le prochain colloque annuel du groupe de recherche « Mobile et Création » de l’IRCAV-Paris 3 autour pour thématique « #foodporn : les mobiles du désir » aura lieu les 13  et 14 décembre 2018 à la Maison de la recherche de Paris 3 située au 4 rue des Irlandais 75005 Paris.

La septième édition du colloque international Mobile et Création intitulée « #foodporn : les mobiles du désir » a pour thématique les enjeux à la fois esthétiques, économiques et socio-politiques de la représentation visuelle de la nourriture organisée sur les réseaux sociaux autour du mot-clé (tag) #foodporn. Popularisées à travers des applications de messagerie telles que Instagram, les pratiques de photographies ou vidéographies mobiles (prise de vue, partage, etc.) de mets culinaires interrogent d’abord les usages numériques de mise en scène de la vie quotidienne (notamment dans le cadre de voyages touristiques) mais aussi son esthétisation à travers des artefacts techniques (filtres, cadrages, métadonnées). Le partage de ces images #foodporn suppose qu’elles deviennent un objet culturel à étudier en tant que tel dans la lignée des approches féministes du plaisir visuel telles que Rosalind Coward qui a introduit le terme de « food pornography » ou de Laura Mulvey.

Ces pratiques ont également des retombées sur l’économie de cet objet-frontière que représente désormais l’alimentation. Avec le développement des applications mobiles on demand qui sont au centre des modèles d’affaires de sociétés telles que Deliveroo, UberEats, Foodora, ce sont à la fois les secteurs de la restauration et de livraison qui se trouvent concernés par l’émergence d’un digital labor (Trebor Scholz), caractérisés par des emplois précaires supposant des tâches payées à la course, totalement appareillés et instrumentés par la technologie smartphone. Ce sont donc les enjeux en termes de rapports sociaux entre genres et travailleurs, entre acteurs des plateformes socio-numériques et du champ de l’alimentation qui seront abordés lors de ce colloque à déguster avec les yeux et les oreilles! Venez découvrir les origines et le devenir du #foodporn….sous la pizza croquante ce sont les questions de société, de genre, de l’avenir du travail et de l’écologie de l’alimentation qui sont à l’oeuvre ! Y seront abordées des problématiques renouvelantes en termes de « faiminisme », de « coopérativisme de plateforme », « d’opendatification des étiquetages alimentaires » et y seront co-crées des oeuvres mobiles et éphémères zéro gâchis.

Le colloque est organisé par Laurence Allard (maître de conférences, IRCAV-Paris 3/Lille), Gaby David (chercheuse, IRCAV-Paris 3), Roger Odin (Professeur émérite, Paris 3-IRCAV), Laurent Creton (Professeur des Universités, Vice-Président à la Recherche, Paris 3-IRCAV), Claudia Lambach (doctorante, IRCAV-Paris 3)

Les tags du colloque sont #mobcrea7 et #foodporn

PROGRAMME (sous réserve de modifications)

Jeudi 13 décembre 2018

8h30 : Accueil des participants

9h Introduction : Laurence Allard, Gaby David, Roger Odin, Lauren Creton, Guillaume Soulez

9h30

Présentation de la curation réalisée par Mobile Caméra Club autour du tag #foodporn et qui sera projetée durant tout le temps du colloque

Keynote introductive

 Carolina Cambre (University of Concordia), « The politics of pleasure: A tentative grammar of #foodporn. »

10h30 – 12h30

Session 1: Les sources féministes du tag #foodporn 

Teresa Castro (Université Paris 3, IRCAV), « Bouche à bouche: foodporn et féminisme. »

Nora Bouazzouni (autrisse, Faiminisme), « Activisme féminisme et alimentation. »

Elsa Godart (Université Paris 7-Diderot Chercheur associé en philosophie LIPHA-PE Université Paris Est-Créteil), « Psychanalyse et pulsion scopique. »

Pause déjeuner

14h-16h Session 2 : Médias, communication et gastronomie 

Olivier Leplatre (Université Lyon 3), « Manger les images, essais d’iconophagie. »

Susan Kovacs et Simona de Iulio (Université Lille 3-Geriico) : « Produire et partager des images de repas scolaires: le cas du blog Never Seconds. »

Gustavo Gomez-Mejia (Université de Tours, Prim), « #Foodporn ou #foodgore : notes visuelles sur les désirabilité et indésirabilités alimentaires. »

Mélody Loquard  (Nouvel Obs, mobile journalisme), « A propos des vidéos « Derrière l’étiquette ».

16h30-18h00

Atelier « Appmixer : kit de recettes pour élaborer un repas virtuel, riche en pixels. » (atelier créatif d’analyses et de créations de contenus #foodporn et les animateur.e.s du Mobile Caméra Club).

 

Vendredi 14 décembre 2018

9h Accueil des participants

9h30-12h30

Session 3: Des tags et des identités mobiles.

Natali Savic (Linkfluence) : « Atelier méthodologique de curation de tags via les outils de veille.»

Rawane Nassif  (University of Alberta – Canada, Doha Film Institute), « The #foodporn war: A Hummus Case study »

Jean-Luc Raymond (enseignant au CELSA), « Instagraf, Brèves de Cantine. »

Noa Berger (EHESS, CESSP) « #coffeeporn et l’emotionalisation d’une marchandise. »

Pause déjeuner

13h Performance surprise de la Galerie Cuissard 

14h-16h 

Session 4 : Applications mobiles, digital labor et politiques de l’alimentation

Caroline Marti (Professeur des Universités, CELSA, GRIPIC), « Au nom du partage… Enjeux publicitaires d’une propagation photographique culinaire. »

Kévin Poperl (Vice président de CoopCycle, économiste) et Vincent Bachelet (Vice président de CoopCycle, juriste spécialisé en droit de la propriété intellectuelle et du numérique), « Marx et Lacan sur un tricycle. »

Stéphane Gigandet (Open Food Facts), « Open Food Facts : l’opendatification de l’industrie agro-alimentaire ? »

 Lionel Maurel (Conservateur des bibliothèques, chargé de la valorisation de l’Information Scientifique et Technique (IST) à l’Université Paris Lumières), « Qu’est-ce que le coopérativisme de plateforme? »

16h Pour se mettre en bouche : Térésa Faucon (Université Paris 3, IRCAV),  « Mise à nu : l’épluchure et la coquille. »

16h30-18h30

« Tasting The Light », atelier avec l’artiste photographe Nettie Edwards 

Pour les ateliers vous pouvez télécharger les applications nécessaires comme suit :

— Entrée libre  à toutes et tous les curieux, amateurs, citoyens, étudiants, chercheurs

à la Maison de la recherche de Paris 3, 4 rue des Irlandais 75005 Paris —

Mobile Camera Club

Mobile Camera Club est née de l’envie d’offrir une visibilité et une présence physique aux pratiques et aux œuvres des artistes dits « mobiles », qui utilisent leur smartphone ou leur tablette dans leur processus créatif. Cette galerie donne à voir une création émergente, originale et décomplexée, trop souvent noyée habituellement dans le flot d’images conversationnelles. Pour mettre en valeur ces nouveaux modes de création, la galerie organise des expositions, des installations dans l’espace public, des conférences… Elle propose également des ateliers photo et vidéo au smartphone. Après avoir animé un lieu à Paris, la galerie est devenue aussi mobile que le courant artistique qu’elle représente. Les artistes exposés par la galerie font partie de l’avant-garde de la photo mobile.

Netty Edwards 

My creative practice combines Mobile Photography and an obscure photographic printing process invented in England in 1842 by the scientist Sir John Herschel. “Anthotype” means “Plant Drawing”. Simply put: my photographs are printed and with nothing more than vegetable matter and sunlight. This process is both ecological and poetic in essence, prompting us to interrogate our relationship with the photographic image. My websites Hortuslucis.wordpress.com Lumilyon.wordpress.com  ; Instagram/twitter @lumilyon

Térésa Faucon est MCF HDR à l’université Sorbonne nouvelle où elle enseigne la théorie, l’esthétique du cinéma et l’histoire des formes visuelles et sonores. Ses recherches non académiques sont consacrées au montage des saveurs, au design culinaire et à la conversation entre les formes gastronomiques et filmiques.

CoopCycle  est un projet  de mutualisation au niveau européen entre coopératives locales  de livraison dernier klm.
Basé sur les principes de partage démocratique de la valeur produite par les travailleurs et la propriété collectives des outils de production ce projet a pour objectif de proposer un contre modèle aux plateformes capitalistes actuelles en proposant par la pratique un régime de propriété collectif et une démocratie poussée jusqu’au partage de la valeur économique.
Résumé de l’intervention :
La division de classe n’existe ni positivement  ni purement,  il n’y a pas de capitaliste « pur » ni de prolétaire « pur » déterminables objectivement. Cette division  vient d’un antagonisme opérant en amont du sujet  et  le constitue.
De la même manière la division sexuelle n’a pas de corrélat  » pur homme » ou « pur femme », la division sexuelle le compose en « part homme et part femme ».
Comme dirait Lacan: Il n’y a pas de rapport sexuel. Cela signifie qu’il n’y a pas de contrebalancement équilibré de la domination structurelle masculine. De la même manière nous pourrions dire qu’ « il n’y a pas de rapports économiques », il y a domination du régime de la valeur capitaliste sur toute entité productive et sur tout autre régime de valorisation. Cette lutte n’est donc pas seulement une lutte positive subjective mais passe par une lutte structurelle : régime de valeur , régime de propriété, droit, marché, etc.
Le projet de CoopCycle est de mener une  lutte au niveau des structures par la promotion de pratiques alternatives au niveau des deux soubassements d’un mode de production: – pratique de la valeur/ Régime de valorisation (coopération contre concurrence marchande ou « rapport entre les hommes » contre le « rapport entre les choses » dans la détermination de la valeur des choses) ; – régime de propriété  (Propriété collective des outils de production contre accumulation privée ou accumulation par dépossession)

Caroline Marti est professeur des universités en Sciences de
l’Information et de la Communication, responsable du département Marque
du CELSA et chercheure au GRIPIC. Les transformations des médiations marchandes et de la consommation
sont au cour de ses recherches.  Elle s’intéresse particulièrement à la
rhétorique des marques, aux imaginaires professionnels et aux discours
des internautes.

Simona De Iulio, Professeure en sciences de l’information et de la communication, Université de Lille, GERiiCO
Susan Kovacs, Maitresse de conférences en sciences de l’information et de la communication, Université de Lille, GERiiCO
NB : les déjeuners seront assurés par l’association de migrants Les Cuistots Migrateurs!