Session 2 : Mobile, journalisme et créativité globale

Avec Alain Kiyindou (MICA, Bordeaux 3), Marie-Soleil Frère (ReSIC, ULB), Elodie Vialle,  Jean-Rémi Morand, Edgar C. Mbanza

Session 2 :  Mobile,  journalisme et créativité globale : zoom sur l’Afrique

Après -midi : 14h-17h

Alain Kiyindou, Professeur des Universités en Sciences de l’Information et de la communication (Université Bordeaux-Montaigne), titulaire de la Chaire Unesco Pratiques émergentes des technologies et communication pour le développement, Remarques préliminaires et cadrage général : le média mobile vu des pays en voie de développement

Marie-Soleil Frère, Professeur à l’Université Libre de Bruxelles et directrice du ReSIC (Research Center in Information and Communication), Mutations des usages technologiques des journalistes en situation de crise : avancées et limites. Le cas du Burundi

Elodie Vialle, Journaliste & Enseignant, Les rédactions dans leur transition numérique : cas des usages journalistiques des smartphones (

Jean –Rémi Morand, Manager project, spécialiste des médias en zone de conflits, Médias en zones de conflit / post-conflit : choix éditorial, la mesure du défi entre enjeux et risques».

Edgar C. Mbanza, Socioanthropologue, chercheur associé à l’IRCAV, chercheur correspondant au CNE (EHESS/CNRS), Interroger la raison du média et du journalisme mobile.

L’Afrique apparaît comme un lieu original d’observation et d’analyse de l’émergence des pratiques médiatiques inédites via la technologie mobile. Le panel « mobile, journalisme et créativité globale » compte faire le point sur les dernières innovations en cours, aussi bien en matière de production, de diffusion que de réception. Vidéo mobile, nouvelles expériences du direct, WhatsApp et smartphones utilisés par des journalistes et des témoins, tournage avec des drones pour filmer des foules ou des corps en mouvement, interactivité accrue avec des publics connectés (même ceux habitant les zones rurales, les territoires informelles ou l’étranger), etc., tous ces objets et usages renouvellent le média et son statut. Nous aurons l’honneur d’accueillir des personnalités scientifiques, mais aussi des praticiens, qui construisent une approche à la fois critique et ancrée dans les processus empiriques de développement (médiatique, social, démocratique). La plupart des intervenants ont ceci de commun qu’ils ont pensé ou pratiqué le média dans des situations de graves crises sociales ou humanitaires, contexte dans lequel se déploie aujourd’hui nombre d’expérimentations du journalisme mobile.

Quels sont les enjeux éditoriaux, politiques et économiques qui se trouvent derrière les récentes expérimentations ou expériences africaines présentées comme les plus innovantes ? Comment penser le statut des nouveaux producteurs de contenus, de la source, du témoignage, de l’enquête, ou encore l’espace public en production en partir d’un artefact qui reste intimement privé ? Comment le mobile impacte la prégnance de la rumeur et des discours de haine (« hate speech ») qui hantent traditionnellement le milieu médiatique africain plus particulièrement lors des situations de crise ?

Dans l’ensemble, la technologie mobile apparaît comme un analyseur des tensions caractéristiques du journalisme et du média de façon générale (captation/crédibilité, formalisation/informalisation, local/global, public/privé, etc.). Il devient par ailleurs urgent pour la recherche de porter davantage d’attention à ces nouvelles médiations du réel qui émanent d’une part des objets et usagers connectés, et d’autre part de l’hybridation de types de discours, de formats et de genres traditionnellement cloisonnés. Il s’agira par exemple de montrer comment le renouveau du média et du journalisme résulte de l’implication d’une pluralité de logiques d’action et d’acteurs, et qu’il importe de penser de façon nouvelle les frontières entre local et global, information et divertissement, production et réception, etc.

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